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mardi 6 octobre 2015

Claude Morgan (1898-1980)


  • La Marque de l'homme / Mortagne [Claude Morgan].- Paris : Aux Editions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 86 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Editions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Editions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°662.
    • Première édition clandestine : 1944.

mardi 22 septembre 2015

Georges Adam (1908-1963)


  • A l'appel de la liberté/ Hainaut [Georges Adam].- Paris : Aux Editions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 95 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Editions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Editions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°794.
    • Première édition clandestine : 30 juillet 1944.

mardi 8 septembre 2015

Elsa Triolet (1896-1970)


  • Les Amants d'Avignon / Laurent Daniel [Elsa Triolet].- Paris : Aux Editions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 107 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Editions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Editions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°1132.
    • Première édition clandestine : 1943.

mardi 21 juillet 2015

Edith Thomas (1909-1970)

  • Contes /  d'Auxois [Edith Thomas].- Paris : Aux Éditions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 67 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Éditions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Éditions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°0977.
    • Première édition clandestine : 1943.

mardi 7 juillet 2015

Jacques Debû-Bridel (1902-1993)

  • Angleterre : d'Alcuin à Huxley / Argonne [Jacques Debû-Bridel].- Paris : Aux Editions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 61 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Editions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Editions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°1579.
    • Première édition clandestine : 22 septembre 1943.

mardi 23 juin 2015

Jean Cassou (1897-1986)

  • 33 sonnets composés au secret / Jean Noir [Jean Cassou] ; présentés par François la Colère [Louis Aragon].- Paris : Aux Éditions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 79 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Éditions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Éditions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°717.
    • Première édition clandestine : 15 mai 1944.

mardi 9 juin 2015

Clandestinité

  • Chroniques interdites / [Jean Paulhan, Francis Ponge, Yvonne Desvignes, Julien Benda, Jacques Debu-Bridel, Vercors].- Paris : Aux Éditions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 90 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Éditions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Éditions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°1515.
    • Première édition clandestine : Jour de Pâques 1943.

  • Chroniques interdites : 2 / [Charles Morgan, André Gide, Raymond Mortimer, La Valentine, Mauges, Lauter].- Paris : Aux Éditions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 92 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Éditions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Éditions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°1857.
    • Première édition clandestine : 1944.

mardi 26 mai 2015

Jean Guéhenno (1890-1978)

  • Dans la prison /  Cévennes [Jean Guéhenno].- Paris : Aux Éditions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 68 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Éditions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Éditions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°1225.
    • Première édition clandestine : 1er Août 1944.

mardi 12 mai 2015

Gabriel Péri (1902-1941)

  • Deux voix françaises : Péguy Péri / [Textes de Charles Péguy et Gabriel Péri] ; avec une préface de Vercors et une introduction par le Témoin des Martyrs [Aragon] .- Paris : Aux Éditions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 88 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Éditions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Éditions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°0703.
    • Première édition clandestine : 22 juin 1944.

mardi 28 avril 2015

Paul Eluard, Aragon, Pierre Seghers, René Tavernier, .. .(et al.)


  • L'Honneur des poètes / [Paul Eluard, Aragon, Pierre Seghers, René Tavernier, .. .(et al.)].- Paris : Aux Éditions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 48 p. ; 16,5 cm.
    • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Éditions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Éditions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°1075.
    • Première édition clandestine : 14 juillet 1943.

mardi 24 mars 2015

François Mauriac (1885-1970)


  • Le Cahier noir: poème / Forez [François Mauriac].- Paris : Aux Editions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 48 p. ; 16,5 cm.


  • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Editions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Editions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°1644.

  • Première édition clandestine : 15 août 1943.
  • mardi 10 mars 2015

    Louis Aragon (1897-1982)

    • Le Musée Grévin : poème / François La Colère [Aragon].- Paris : Aux Editions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, [1946].- 28 p. ; 16,5 cm.
      • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Editions de Minuit, sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Editions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°1452.
      • Première édition clandestine : 6 octobre 1943.

    samedi 8 février 2014

    Les Mille Nouvelles nouvelles


    • Les Mille Nouvelles nouvelles : Revue mensuelle pour tous : Tous les Auteurs célèbres contemporains de tous les pays du monde publiéront un Conte ou une Nouvelle dans ce Recueil.- N°2, Mars 1910.- Paris (7, place Saint-Michel) : La Renaissance du Livre, 1910.- 143 p.-[1] f. de pl. en front. ; 17,5 cm.

    mardi 11 octobre 2011

    Jeanne Taillieu (1898-1985)


    • Le Trésor / Jeanne Taillieu ; illustrations en couleurs de Victor Stuyvaert.- Bruxelles (12, Place du Petit-Sablon) : La Renaissance du livre, 1952.- 81 p.-[8] f. de pl. en coul., couv. ill. en coul. ; 22,5 cm.- (Les Étoiles).

    lundi 11 avril 2011

    Georges Eekhoud (1854-1927)


    • Cycle patibulaire : première série / Georges Eekhoud.- Paris (78, boulevard Saint-Michel) : La Renaissance du Livre, 1927.- 206 p. : couv. ill. ; 19 cm.
      • Il a été tiré de cet ouvrage : cinq exemplaires sur papier Japon hors commerce marqués H. C., et vingt-quatre exemplaire sur papier de la Société Royale Hollandaise de Maastricht, numérotés de 1 à 24.


    AVANT-PROPOS

    C'est par le Cycle Patibulaire et Mes Communions que la réputation de GEORGES EEKHOUD fut établie à Paris pour rayonner de là dans le monde entier.

    REMY DE GOURMONT contribua pour beaucoup à cette consécration par l'étude enthousiaste publiée dans son premier Livre des Masques où il rapprochait certaines nouvelles du romancier belge des plus beaux contes de BALZAC, où il allait même jusqu'à les leur préférer.

    Parlant du Cycle Patibulaire dans le « Mercure de France» de juillet 1896, Mme RACHILDE ne se montrait pas moins férue de cet ouvrage : « C'est un beau livre, disait-elle. Je ne veux point misérablement m'inquiéter s'il est aussi bon que beau, et, si je ne le recommande pas aux très jeunes gens qu'il intoxiquerait peut-être, tant est maladroite certaine compréhension des littératures charnelles, je crois que sa violence même est le plus sûr garant de sa parfaite moralité cérébrale. Tout ce qu'un cerveau humain, bien portant, conçoit est humain selon la nature, possible. Par cerveau humain bien portant j'entends celui qui déduit les effets des causes avec logique mais sans se préoccuper des préjugés sociaux, des lois faites par ceux qui sont intéressés à les mettre en vigueur. Les passions profondes qu'analyse GEORGES EEKHOUD sont réprouvées par les législateurs modernes ; elles n'en ont pas moins leurs racines dans la terre, la bonne terre où l'on trouve pêle-mêle les pourritures, les amertumes et les purs germes des fleurs. Jadis elles étaient tolérées, anoblies, parce que jadis la terre était plus neuve, plus vierge, et que les pas pesants des législateurs intéressés n'avaient pas encore trop foulé son libre sol. Chauffée toujours par les mêmes fumiers mystérieux des corps en décomposition, la terre d'aujourd'hui donne toujours les mêmes plantes rares aux curieuses floraisons éclatantes et empoisonnées, mais le philosophe qui vit à l'abri de sa seule sagesse sait bien, aujourd'hui comme jadis, qu'il n'y a pas de poison dans la nature : il n'y a que des éléments chimiques. Voilà pourquoi à respirer les émanations qui se dégagent des viandes rouges servies en des plats d'or tout rutilants de gemmes du Cycle Patibulaire il ne convient pas d'éternuer comme une petite bourgeoise ou un imbécile ».

    Dans le même numéro du Mercure de France, ANDRÉ FONTAINAS dédiait une importante notice à GEORGES EEKHOUD ; il écrivait notamment à propos du Cycle Patibulaire : « Ah quel beau livre de violence indignée et de justice surhumaine !... Vivre est le grand droit sacré, satisfaire aux besoins et aux désirs, quels qu'ils soient, naturels et innés ; il n'est pas de sentiment, il n'est pas de sensation en soi réprouvés ni maudits ; des hommes ont établi de factices règles et la nature humaine reste au-delà et au-dessus de la loi. Chacune des nouvelles qui composent le Cycle Patibulaire et Mes Communions porte en soi ce même enseignement généreux fait pour les races futures et affranchies. M. GEORGES EEKHOUD est un des plus audacieux que je sache parmi les libérateurs de l'esprit humain ».

    GEORGES LECOMTE affirmait de son côté dans la Société Nouvelle de novembre 1896 : « Les personnages du Cycle Patibulaire vivent d'une vie bien personnelle et nul, avant GEORGES EEKHOUD n'eut le courage et le talent de nous intéresser à tant de passions, non seulement excessives mais aussi éloignées de notre sensibilité normale. M. GEORGES EEKHOUD l'a fait avec une beauté tragique, une puissance d'émotion admirable et, j'ajoute, avec chasteté. Toutes ces contorsions d'humanité pantelante au gibet de la morale sont dominées par la fatalité douloureuse et sévère qui met sur tout cela sa majestueuse grandeur ».

    MAETERLINCK, lui, assimilait l'art de GEORGES EEKHOUD à celui du poète anglais ALGERNON SWINBURNE et pour définir la sensation neuve donnée par les effusions du Cycle Patibulaire, il comparait celles-ci à des vitriols de tendresse, tandis que JEAN LORRAIN, dans l'Écho de Paris, constatait que ces contes fleuraient sans vergogne aucune, mais avec quelle intensité, la cantharide, le soufre et le phosphore et en qualifiait la passion d'anarchisme érotique.

    Dans ce premier volume des nouvelles réunies sous ce titre Cycle Patibulaire on trouvera entr'autres le Jardin, dont le lyrisme charnel assimile une plantureuse rustaude aux plus capiteuses floraisons de juillet ; Gentillie et Hiep-Hioup, deux troublantes histoires de possession, d'envoûtement érotique, que HENRI DE RÉGNIER proclamait des chefs-d'œuvre de concision et de vie ; Partialité, une aventure inquiétante, aux réactions morbides concertant avec les explosions d'un orage ; Croix Processionnaires qui prélude aux épopées de vagabonds et de hors la loi et aussi de prétendus hors-nature figurant dans le second volume (à reparaître sous peu) de ce Cycle encore plus rédempteur et évangélique que patibulaire.

    jeudi 25 juin 2009

    Franz Hellens (1881-1972)


    • Les Clartés latentes : vingt contes et paraboles / Franz Hellens ; [préface de Camille Lemonnier].- Édition définitive.- Bruxelles (12, Place du Petit-Sablon) : La Renaissance du Livre, 1943.- 280 p. ; 19,5 cm.
      • Il a été tiré de cet ouvrage, dix exemplaires sur papier japon nacré, numérotés de 1 à 10 et douze exemplaires sur papier pur fil Lafuma numérotés de 11 à 22. Exemplaire n°4.

    NOTE DE L'ÉDITEUR

    Bien que le présent ouvrage ait eu plusieurs éditions, il reste à peu près inconnu d'un certain nombre de lecteurs attentifs à l'œuvre de Franz Hellens, lesquels s'attachent de préférence à un aspect de cet écrivain, plus violent et plus imprévu. Alors que la plupart des romans et recueils de nouvelles de l'auteur des Hors-le-Vent ou de Mélusine se recommandent par une certaine âpreté de sentiment et de langage, et par un tour d'esprit quelquefois déroutant, Les Clartés latentes au contraire font entendre une note, ou plutôt une mélodie dont le thème n'a guère été exploité depuis l'époque où ce livre fut publié, et qu'on ne retrouve que par éclairs dans d'autres récits du même auteur, comme Le Naïf ou Frédéric.

    Les Clartés latentes est le troisième ouvrage de Franz Hellens. La première édition parut en 1912 et fut très favorablement accueillie. Désorientée par la fougue un peu désordonnée des Hors-le-Vent, le premier livre important de l'auteur, la critique crut discerner dans cette œuvre nouvelle une direction d'esprit et de forme plus accessible et plus heureuse, et le renoncement à un pessimisme qui semblait ne vouloir tailler que dans le plus noir. En réalité, l'auteur ne cherchait qu'à opposer, non pas deux tendances, mais deux points de vue qui devaient lui permettre d'embrasser d'un seul coup d'œil toute la journée, toute la gamme des ombres et des lumières, entre le matin et le soir.

    Le succès des Clartés latentes fut marqué par l'attribution à son auteur du prix de la Libre Académie de Belgique (Fondation Picard), qui représentait à cette époque à peu près ce qu'était en France, sur une plus grande échelle, le prix Goncourt. Ce fut Camille Lemonnier qui défendit l'ouvrage devant l'assemblée, dans une courte allocution dont nous reproduisons le texte. Ce morceau fut inséré dans la deuxième édition (1914) et repris dans l'édition de la Cambre (1932).

    Il nous a semblé, non seulement que ces « contes et paraboles » n'ont rien perdu de leur fraîcheur première, mais qu'ils ont gardé, après tant d'années, un caractère d'actualité. Cette actualité ne leur vient pas de l'époque où nous sommes, qui aspire désespérément à la lumière et à une discipline dans les idées et dans le style ; ils la portent en eux-mêmes et l'imposent en quelque sorte par leur sobre tenue et l'optimisme dynamique de la pensée qui les anime. Le merveilleux dont ils s'entourent est essentiellement humain dans sa forme légendaire. L'homme y apparaît en même temps soumis aux lois naturelles et réagissant au miracle, racle, se surpassant après avoir douté de lui-même ou langui dans la paresse ou l'habitude. Un énorme besoin d'action et de réalisation désintéressée se manifeste dans tout l'ouvrage, en même temps qu'une confiance absolue dans un destin à la fois simple et prodigieux. Tout cela dans un cadre naturel rempli par le rythme de la journée et des saisons. C'est ce qu'un critique de l'époque, Camille Vettard, exprimait en ces termes dans une note de la Nouvelle Revue française : « Dans Les Clartés latentes, ce qui transparaît surtout, c'est le sentiment de la beauté du monde, de la magnificence et de la bonté de l'être. » R. d. L.

    mardi 23 décembre 2008

    John Steinbeck (1902-1968)


    • Nuits noires : The Moon is down / John Steinbeck ; [trad. de Yvonne Desvignes].- Paris : Aux Editions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du Livre, MCMXLIV [1944].- 181 p. ; 17 cm.
      • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Editions de Minuit , sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Editions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°327.
      • Copyright by Editions de Minuit 1946. Imprimé en Belgique, à la Maison Desoer, Liège.

    NOTE DU TRADUCTEUR

    Il était une fois une petite ville sans nom au bord d'un rivage ignoré. Un envahisseur anonyme s'empare de la ville, occupe les bâtiments princi­paux, désarme les habitants. La guerre est termi­née, la bataille gagnée , la lutte commence. Main­tenant va se vérifier la parole que Vercors met dans la bouche même d'un officier allemand :

    « La force suffit pour conquérir, pas pour do­miner ».

    Et l'on verra la ténacité et l'inertie d'un peuple s'opposer à la volonté du conquérant, le plonger dans un malaise où il s'embourbe, saper son mo­ral, dissoudre sa confiance en ses chefs et sa foi en son avenir.

    « Nuits Noires » n'est pas une œuvre réaliste. Les générations futures pourront la trouver uto­pique comme elles pourront juger chimérique « Le Silence de la Mer ». Nous estimons, pour notre part, que le souffle spirituel qui anime l'un et l'autre de ces ouvrages est un des éléments de la vérité historique de notre temps.

    NOTE DES ÉDITEURS

    « The Moon Is Down » a paru en 1942. Il en existe une version française publiée à Lausanne sous le titre « Nuits sans Lune » en 1943. Cette version comporte, par rapport au texte original certaines coupures et certaines altérations, et ce pour des raisons faciles à comprendre.

    En effet, si à aucun moment de son récit, STEINBECK n'a explicitement désigné l'armée d'invasion comme étant allemande, de nombreuses mentions y sont faites de l'Angleterre, de la guerre de Russie, de l'occupation de la Belgique vingt années auparavant, qui ne laissent subsister aucun doute, et avaient donc dû être suppri­mées dans l'édition de Lausanne.

    La nouvelle traduction que nous présentons à nos lecteurs est entièrement conforme au texte original.

    mardi 20 mai 2008

    Thomas Owen (1910-2002)


    • Le Jeu secret : roman / Thomas Owen ; dessins de Anna Staritsky.- Bruxelles (12, place du Petit Sablon) : La Renaissance du Livre, 1950.- 174 p.-[5] f. de pl. : couv. ill. ; 20,5 cm.- (Collection Miroirs ; 2).
      • L'édition originale de LE JEU SECRET, par Thomas Owen, deuxième volume de la Collection Miroirs à été tirée à 2076 exemplaires ainsi répartis : Vingt-six exemplaires sur papier de Hollande van Gelder à la cuve, lettres de A à Z ; cinquante exemplaires sur papier Lafuma pur fil, numérotés de I à L ; deux mille exemplaires sur papier vergé sans bois, numérotés de 1 à 2000. Exemplaire justifié : 1536.

    dimanche 6 avril 2008

    Vercors (1902-1991)


    • La Marche à l'étoile / Vercors.- Paris : Aux éditions de Minuit ; Bruxelles : La Renaissance du livre, MCMXLIII [1943].- 89 p. ; 17 cm.
      • Les volumes de la présente collection, en tous point conformes à ceux publiés par les Editions de Minuit , sous l'oppression, constituent l'édition publique réservée à la Belgique par un accord conclu avec les Editions de Minuit. Elle a été limitée à 2000 exemplaires numérotés. Exemplaire n°274.
      • Ce volume publié sous l'oppression aux dépens de quelques lettrés patriotes a été achevé d'imprimer à Paris le jour de Noël 1943.
      • Copyright by Editions de Minuit 1946. Imprimé en Belgique, à la Maison Desoer, Liège.

    jeudi 24 janvier 2008

    Emile Verhaeren (1855-1916)


    • Pages belges / Emile Verhaeren ; préface d'André Fontaine.- Bruxelles (12 place du Petit Sablon) : La Renaissance du Livre, 1926.- 208 p. ; 18 cm.

    PRÉFACE

    La vertu cardinale de Verhaeren? Celle où s'avère, dans ses pages les plus rapidement écrites, son quotidien génie ? Le don de soi.

    S'il écrit, il accueille, s'ouvre et se livre ; la claire lumière de sa pensée surtout s'impose : car, en un tel don de soi, nul sentimentalisme. L'émotion s'intellec­tualise, puis, intellectualisée, cristallise en poésie —voire en prose. De la souffrance physique, méthodi­quement et douloureusement cultivée jusqu'à devenir totale raison d'être et de produire, s'engendrent les Soirs, les Débâcles, les Flambeaux noirs : le don des nerfs. — Soudain se révèle l'humanité militante qu'avait comme cachée au poète son individualisme morbide : il se donne à elle, et, en elle, à nous ; naissent alors les Villes tentaculaires, les Forces tumul­tueuses, le Cloître. — Puis, par delà l'or, le sang, les révoltes, grâce même aux fléaux et aux crimes, se perçoit enfin, dans la beauté de comprendre et d'aimer, l'impérieuse signification de l'existence. La sincérité intellectuelle du penseur s'exalte en hymne de sereine raison ; en nous autant qu'en lui, le poète — qui décidera si c'est ou non poésie pure ? — s'enchante de la multiple splendeur des hommes et des choses, de la divine variété des heures, de la souveraineté du verbe, de la flamme d'infini intensément projetée sur le mystère des futurs : don de beauté et d'amour, don total de l'esprit et du coeur.

    Certes, de tous ses pairs, Verhaeren se distingue essentiellement par ce surprenant don de soi, étant bien entendu que nul vraiment n'est soi s'il ne s'est épuré de toute joie ou de toute tristesse qui ne se peu­vent transposer en pensée.

    Or (sachons-le bien) le poète qui à ses impressions enroule harmonieusement son système d'abstractions, le poète que désormais les hommes connaissent par son seul aspect d'éternité, a été un homme de la rue, s'attar­dant aux mêmes spectacles que le badaud — quoique réagissant différemment. Le matin, il s'est distrait de sa discipline rythmique en lisant les vers ou le roman nouvellement paru d'un confrère ; dans la journée, il a visité des expositions, des ateliers amis ; le soir il est allé entendre Ernesto Rossi ou Mallarmé, Mounet-Sully ou Verlaine de passage à Bruxelles ; selon l'occasion, il s'est assis au théâtre près du financier, du fonctionnaire ou de l'employé. Et le lendemain, pour cinq centimes, le premier venu a pu apprendre par la Nation quel frisson intellectuel avait ému l'homme comparable aux plus grands. Dans tel geste du comédien il avait saisi une signification inédite de l'être, dans telle ligne du dessinateur une aperception neuve du monde moral, dans telle page du poète un écho moderne du vieux cri des souffrants ; et ainsi, de ce qui était entré en lui et devenu sa substance, il avait extrait pour la foule une nourriture spirituelle.

    Mais la foule une fois rassasiée, le journal, la revue même disparaissaient, abolissant dans leur ruine la parole éphémère du poète. Ses livres restent : soit ! Que ne donnerait-on pas aujourd'hui pour savoir ce que tel jour, à telle heure, ressentirent Pascal ou Chénier, Racine ou Hugo en présence de tel texte de Montaigne ou d'Homère, d'Euripide ou de Shakes­peare ? Si tel acteur de génie put émouvoir l'un ou l'autre, quelle trace inscrivit dans leur pensée la pensée dominatrice, traduite en personnelle beauté ? Ce que nous ne pouvons imaginer, quand nous nous représen­tons en esprit Descartes, Corneille ou Molière, nous le savons exactement lorsqu'il s'agit de Verhaeren, et par là nous percevons mieux l'homme qu'il fut. Or, chez lui, le poète jamais ne se sépara de l'homme, précisément parce qu'il se donnait. Il y a donc une sorte de nécessité littéraire à recueillir avant qu'il soit trop tard, dans les papiers peu résistants, l'expression première, parfois embroussaillée, mais toujours spon­tanée et vibrante, des admirations et des haines d'idée, où s'élabora chaque jour sa pensée progressante.

    Rien presque n'est négligeable de ce qu'il a écrit, même dans des quotidiens comme l'Europe où, dès 1882, il célébrait lyriquement Hugo (« il est Ézéchiel, il est Dante, il est Shakespeare »), comme la Nation où, dix ans plus tard, il se révélait critique dramatique digne des oeuvres sublimes qu'il étudiait à travers le jeu des Rossi et des Mounet-Sully. — Écrivain d'art, il l'a été partout et toujours, dans les plaquettes sur Heymans ou Fernand Khnopff destinées à quelques amateurs, comme dans ses ouvrages, plus largement répandus, sur Rembrandt ou James Ensor. Encore étudiant à Louvain, il relate fiévreusement à son ami joseph Nève, de la gare de Termonde où il attend la correspondance de St-Amand, ses admirations un peu enfantines devant une exposition de tableaux de Gand. Bientôt après il trouvera sa vraie voie : la lutte. Son premier salon, sauf erreur, paraît le 28 avril 1883, dans le « numéro de combat » de la Jeune Belgique ; quelques jours plus tard il donne à l'éphémère Revue moderne dirigée, elle aussi, par Max Waller, un article ardent où s'affirme son tempérament. Depuis lors, il ne cesse de batailler pour l'art jeune contre la routine académique, apportant à l'étude des œuvres plastiques un œil délicat, un sens profond de la lumière, de la couleur et de la forme, enfin la vigueur passionnée d'un style parfois exaspéré...

    Un jour, sans doute, quand il apparaîtra définitive­ment que le poète se classe parmi les plus voyants des prophètes, on sera bien obligé de réunir, dans une douzaine d'épais volumes, ses proses éparses à travers petits et grands journaux, revues de jeunes ou pério­diques noblement titrés. Elles expliquent, gloses lucides, tout ce qui, dans les vers, étonne. On ne trouvera ici que les pages les plus caractéristiques consacrées à la Belgique. Encore s'est-on restreint aux primesautières impressions, presque aux intuitions : cela suffit, il est vrai, pour établir qu'il y a trente et même quarante ans, Verhaeren parlait de Stéphane Mallarmé ou de George Minne, encore adolescent, ou de James Ensor, presque enfant, comme parle d'eux aujourd'hui la jeune géné­ration. Mais les études d'ensemble sur les écrivains et les artistes, les conférences sur les lettres belges, sur l'esprit belge, sur les carillons de Flandre, les descrip­tions savoureuses des hameaux préférés, des villes de prédilection, ont été réservés pour un volume où l'écrivain apparaîtra synthétisant. Aujourd'hui nous avons simplement suivi dans sa vie de chaque jour le Verhaeren discutant ses sentiments et, pour ainsi dire élaborant, au contact des intelligences extérieures, sa pensée personnelle si précieuse à l'humanité. Le drame même n'y manque pas, puisqu'un jour, au milieu d'enfants, il prononça des paroles qu'il avait voulues simples et que les événements firent solennelles, à la façon d'un testament : le 31 juillet 1914, à la veille de quitter sa patrie pour ne plus la revoir, il disait à la jeune génération — qui ne l'a point oublié — ce qu'était vraiment la Belgique, ce qu'elle serait un jour, ce qu'elle a continué d'être d'août 1914 à novem­bre 1918, dans la détresse et dans la gloire.

    En recueillant ces pages, j'ai songé sans cesse à l'éclatant hommage que rend chacune d'elles à la grandeur belge. C'est dans cet esprit qu'elles doivent être lues par ceux qui voudront s'associer à la pensée de Verhaeren. Si quelques-uns ne parviennent pas à le suivre dans ses plus hautes spéculations poétiques, il n'est personne qui ne s'associe à son amour si simple de sa terre, de tant de nobles esprits flamands ou wallons, de tant d'œuvres de beauté wallonnes ou flamandes.

    André FONTAINE.