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lundi 13 mai 2013

Augustin-R. Robinet




  • Le Haut-Lieu : roman / Augustin-R. Robinet ; illustrations de Michel Frérot.- [S.l.] : L'Amitié par le Livre, 1952.- 311 p. : ill., couv. ill. ; 21 cm.
    • Il a été tiré sur offset blanc supérieur mille exemplaires numérotés et signés du présent titre dont cinquante exemplaires hors commerce numérotés de I à L ces exemplaires constituant l'édition originale. Exemplaire n° 144.


mardi 25 novembre 2008

Han Ryner (1861-1938)


  • Florilège de paraboles et de songes / Han Ryner ; avec des bois gravés originaux de Louis Moreau.- [Saint-Lo] : Publications de l'Amitié par le Livre, [1942].- 74 p. : ill. ; 19 cm.- (Les petits florilèges de l'Amitié par le Livre ; 2).
    • De ce Florilège il a été tiré à part pour la Société des Amis de Han Ryner et pour l'Amitié par le Livre une édition numérotée avec suite de gravures, savoir : de 1 à 70, soixante-dix exemplaires sur Japon accompagnés d'une photographie du Maître, par P. de Savoye ; de 71 à 250, cent quatre-vingt exemplaires sur vélin bouffant Edita.

NOTICE BIOGRAPHIQUE

Jacques-Elie-Henri-Ambroise-Mathieu-Ernest Ner naquit le 7 Décembre 1861, à Nemours (département d'Oran), de parents catalans des environs de Perpignan, son père facteur rural, sa mère institutrice. Son enfance et sa jeunesse s'écoulent en Provence, à Rognac, au bord de l'étang de Berre. Elève au Lycée d'Aix en 1880-1882, professeur successivement aux collèges de Draguignan, de Sisteron, Gray, Bourgoin, il vient à Paris en 1895 et y poursuit sa carrière comme professeur-adjoint aux lycées Louis-le-Grand et Charlemagne, jusqu'à sa retraite en 1921. En 1898, il adopte le pseudonyme devenu célèbre de Han Ryner.

En Juillet 1912, à la suite d'un referendum de « l'In­transigeant », sous l'égide de J. H. Rosny Aïné, il est décoré du titre de « Prince des Conteurs ». Il meurt à Paris, le 6 Janvier 1938. Cette vie simple et comme repliée est toute consacrée à l'élaboration d'une œuvre considé­rable. Orateur émouvant, il fut toujours levé pour la défense des persécutés.

Parmi cinquante volumes publiés, ses grandes œuvres sont : La Sagesse qui Rit, où il expose son éthique, Les Voyages de Psychodore, Les Paraboles Cyniques, Le Cinquième Evangile, Le Fils du Silence (Vie de Pythagore), Les Apparitions d'Ahasvérus, Le Tour des Peuples, Songes Perdus, Crépuscules.

dimanche 23 novembre 2008

Ludovic Massé (1900-1982)


  • La Terre du liège : roman / Ludovic Massé ; illustrations de Marcel Gili.- [Rennes] : L'Amitié par le Livre, 1953.- 226 p. : ill. ; 19cm.
    • Il a été tiré de Terre du liège sur pur fil Lafuma vingt exemplaires numérotés de I à XX réservés à l'auteur, douze exemplaires numérotés de A à L avec chacun un des originaux des illustrations et huit cents exemplaires sur bouffant gothic numérotés de 1 à 800. Tout ces exemplaires portant signature de l'auteur.

vendredi 21 novembre 2008

Enrique Rodríguez Larreta (1875-1961)


  • La Gloire de Don Ramire / Enrique Larreta .- [Liège] : L'Amitié par le Livre, 1948.- 2 vol., 283 + 193 p. : ill. en front., couv. ill. en coul. ; 19 cm.
    • Ce volume, le septième [et huitième] de la cinquième série des ouvrages réservés aux seuls membres de l'Amitié par le Livre, a été achevé d'imprimer le 30 décembre mil neuf cent quarante-sept [et premier janvier mil neuf cent quarante-huit], sur les presses de l'imprimerie Solédi, à Liège. Tous les exemplaires sont numérotés. Exemplaire n°2410.

jeudi 12 juin 2008

Jean de Boschère (1878-1953)


  • Contes de la neige et de la nuit / Jean de Boschère ; présentés par André Lebois, illustrés par l'auteur.- [S. l.] : L'Amitié par le Livre, 1954.- 325 p.-[6] f. de pl. : ill. ; 19 cm.
    • Il a été tiré de Contes de la neige et de la pluie sur bouffant gothic sept cent cinquante exemplaires numérotés de 1 à 750 et contenant une suite de six dessins de l'auteur.

PRÉSENTATION

Jean de Boschère naît à Uccle en Brabant, le 5 Juillet 1881. Ses parents s'installent à Lierre, en Campine, quand il a cinq ans. Son père, Charles de Boschère est un savant, — et son fils lui devra ses dons d'entomolo­giste, de botaniste, de naturaliste, — mais son positi­visme d'homme de science se heurte à l'hostilité des cléricaux et des bourgeois du lieu : professeurs, mar­chands et militaires, qui le briment et l'aigrissent. La maman est une Anglaise, fougueuse, inquiète. Jean et ses trois sœurs vivent dans une atmosphère triste et tendue. Le garçon est très frappé quand sa mère, excédée par sa turbulence, le repousse comme un démon : « Vade retro Satanas ! » Il adoptera ce nom de Satan, ou de l'Obscur, comme pseudonyme. Il reporte le meilleur de son affection sur Marthe, sa sœur, dont toute la ville se moque parce qu'elle a un bec-de-lièvre. L'histoire de leur adolescence tourmentée et rageuse sera le thème du premier volume de ses extraordinaires mémoires romancés, où la poésie et la vérité se mêlent d'une manière inextricable : Marthe et l'Enragé (Émile-Paul, 1927). Et les souvenirs d'enfance ne cesseront d'inspirer le poète.

Il publie des volumes de critique d'art en 1907 (Quentin Metsys), 1909 (La Sculpture au XVe et XVIe siècles), 1910 (Essai sur la dialectique du dessin). Des amitiés littéraires président à ses premiers essais : Adrien Mithouard, l'auteur injustement oublié du Pauvre Pêcheur et du Tourment de l'Unité, publie dans sa Bibliothèque de l'Occident les recueils de Jean de Boschère : Béâle-Gryne, aujourd'hui introu­vable, (1907), Dolorine et les Ombres (1911), et Métiers Divins (1913), en partie reproduit dans Le Bourg (Émile-Paul, 1922). Au grand poète Max Elskamp, Jean de Boschère consacre une monographie (1914). Il échange avec André Suarès une longue et passion­nante correspondance.

Gravement blessé en 1914, la fin de la guerre le trouve à Londres, où ses poèmes (The Closed Door, Job le pauvre, publiés avec version anglaise) exercent une influence profonde sur les Imagistes anglais et améri­cains et surtout sur T. S. Eliot. Il est l'ami de plusieurs « prix Nobel » futurs : Sinclair Lewis, Galsworthy, Yeats ; de James Joyce ; de D.-H.Lawrence. Ses eaux-fortes et dessins sont célèbres ; on affiche son portrait dans les couloirs du métro londonien, où, à cause de son prénom, qui est féminin en anglais, le public le croit une vieille dame. Sa situation matérielle est difficile : il montre le latin aux pensionnaires d'un marchand de soupe des faubourgs ; le tragique de ses années d'exil, il l'exprime dans Ulysse bâtit son lit,qui paraîtra chez Fourcade en 1929. Il publie plusieurs ouvrages en anglais. C'est alors qu'il vit la double et douloureuse aventure sentimentale qui lui inspirera son chef-d'œuvre : Satan l'Obscur (Denoël, 1933). Ce livre fulgurant et torturé, écrit dans une langue toute grésillante d'images, fait suite à Marthe et l'Enragé ; il forme le deuxième tome de ses confidences, et appa­raîtra aux historiens comme un phénomène sans précé­dent dans l'histoire du roman français.

La marquise Élisabeth d'Ennetières se penche alors sur le sort du malheureux tourmenté par l'adversité et par ses propres démons ; elle veillera sur lui jusqu'à sa mort. Ensemble, ils mènent à Paris (L'Obscur à Paris, 1937 ; Paris clair-obscur, 1946 ; Vanna, 1946), à Sienne ou dans la campagne romaine, l'existence précaire et exaltante d'artistes qui ne font aucune concession à la foire sur la place littéraire, refusent disciplines, maîtres, écoles, partis, prix et honneurs à recevoir de la main des hommes. Parmi les amitiés qui leur sont précieuses (Portraits d'amis, 1935), il faut surtout citer celle d'Antonin Artaud (« Jean de Boschère m'a fait »), et celle de plus haut, du plus pur poète du demi-siècle : O-V. de L. Milosz, à la gloire de qui Jean de Boschère consacrera maints cahiers et études. Et il y a aussi l'inépuisable fidélité des bêtes et des plantes : les livres de nature, parus chez Stock, unissent à une science infaillible une vision poétique de la création qui leur vaut une place à part dans cette précieuse collection : Les Paons et autres merveilles ; Palombes et colombes ; La Fleur et son parfum. Un dernier ouvrage de ce genre : Le Chant des Haies parut après la mort de l'auteur.

Mais Jean de Boschère était maintenant engagé sur la voie qui devait le mener à la lumière. Son ascétisme n'était plus renoncement passif, mais conquête Il allait vers ce Dieu qui est le Dieu des Évangiles et des dogmes. Pèlerin de l'absolu, il menait sa quête de joie solitaire. Ces préoccupations, qu'on nommera ésoté­riques ou mystiques, faute de meilleur terme, se faisaient jour dès L'Obscur à Paris, mais plus encore dans ces fragments de journal intime que sont les 4 numéros de sa revue : Mouches à miel, et dans les recueils : Élans d'Ivresse (1935) et Dressé, actif, j'attends ! (1936). Cette attente, Jean de Boschère crut un instant qu'elle avait chance d'être comblée par le catholicisme ; c'est l'époque où il voit le chanoine Mugnier, où il donne Joie Grondante à la pieuse Maison du Poète, 1942. Mais trop d'obstacles s'opposaient à ce ralliement. Dans sa solitude intellectuelle quasi totale de la Châtre, où il s'était arrêté pendant l'exode et qu'il ne quittera plus, il achèvera de se conquérir une position spirituelle unique, une foi pour lui seul. En prose et en poèmes, il dira cette illumination, ses joies, et ses déchirements : Derniers poèmes, Nous, les derniers, Héritiers de l'Abime. Il est le « paria couronné ».

Il n'abandonnait pas la critique d'art ; deux volu­mineux ouvrages sur Jérôme Bosch et sur Léonard de Vinci sont encore en partie inédits : un mince Jérôme Bosch est sorti à Bruxelles, en 1947 (Cercle d'art) ; des fragments du Léonard ont paru dans plusieurs revues.

Souvent en contact pendant la Résistance avec des agents anglais parachutés, Jean de Boschère avait été naturalisé Français en 1948. La grande voix de sarcasme et d'amour s'éteignit à Châteauroux, après six semaines d'hôpital. Il repose à la Châtre, où une portion de la rue Nationale va être baptisée rue Jean de Boschère.

Il laisse trois romans inédits : Véronique de Sienne (suite de Satan l'Obscur), Le Poison de Diane, paru en anglais sous le titre : The House of forsaken Hope et L'horloger - de nombreux essais et poèmes ; des Mémoires corrosifs, et le Journal d'un Rebelle Solitaire.

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De ce rebelle, de sa solitude cruellement parfaite, La Pipe infernale restitue certains aspects avec une fidélité de miroir. Assimiler Pierre Morain à l'auteur serait excessif ; pourtant c'est le même ascète, — dont les ermitages successifs redoutaient « l'arrogante sonnerie du bronze fêlé », l'impudence de la sonnette annonçant des visiteurs égorgeurs du silence, — qui regarde ici par la fenêtre « des houppes de duvet rose estomper le ciel au-dessus de chaque réverbère ». On de cette nouvelle, le style incisif tendu, la langue hostile à tout cliché, l'atmosphère tout de suite familière aux lecteurs de Satan l'Obscur, l'acuité dans l'analyse, la composition symphonique avec ses thèmes, ses reprises, sa brutale coda, et la lente montée de la
crise, par ondes toujours plus chaudes et plus larges comme dans la folie ou la volupté, vers son paroxysme sanglant. Toutes ces qualités en font un des textes les plus originaux, les plus signés, de Boschère Au contraire, La Grande Neige noire, minutieux, impi­toyable apprentissage de la nuit, pathétique contribution à ce mythe de l'aveugle qui titube à travers nos lettres de L'Homme qui rit à La Nef ; et Gdov ou le Voyage hanté, ses loups, ses pistes blanches, ses calèches cahotantes, ses femmes aux paupières de victimes, ses mâles aux yeux rouges de vices et la romantique candeur de son cavalier chevaleresque, prouvent une objectivité, un détachement inattendus. Dans les parages du Stendhal de Lamiel ou du Mérimée de Lokis, Jean de Boschère pouvait se tailler un domaine.

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Comme les plus grands, il eut le goût de s'adresser aux petits. Gœthe, on le sait, ne dédaigna pas de récrire les aventures de Renard pour ces vrais lecteurs des poètes. Jean de Boschère avait préservé les facultés d'émerveillement d'une enfance enchantée par Alice et les Histoires comme ça, les albums de Kate Greenaway et le Peter Pan de Barrie. On en retrouvera les sortilèges britanniques dans les deux histoires de bêtes, si Walt Disney n'a pas de sourire plus ému que celui de ce contempteur du théâtre et du cinéma, tout au long de l'histoire de Grollier. A la liberté inventive, à la gratuité bariolée et saugrenue du dessin animé s'ajoutent une connaissance et, plus encore, une intuition de la vie animale, de ses joies, de ses alertes, de ses drames, qui rappellent notre Pergaud. Des apologues renouvelés des fabulistes, de Ménénius Agrippa ou de Marot, jalonnent ces récits parfois philosophiques. Aux éducateurs d'en pressentir et d'en tirer la multiple moralité. La Révolte des Chats dépasse d'ailleurs la littérature enfantine : aperçus satiriques sur les constantes de la vanité, de l'arrivisme, et de la lâcheté ; méditation sous-jacente sur les rapports de l'homme et des animaux ; éclairage singulièrement vif projeté sur la tête d'or du Chef, sa soif de se dévouer et son isolement, ses tentations et ses déboires. Enfin, par des évocations, sinistres sous le badinage, de trains de réfugiés et d'exodes, de bons de ravitaillements, jeux interdits et hordes occupantes, ce divertissement allégorique d'un révolté ne nous atteint-il pas dans les hantises inéluctables de notre angoisse d'hier, ou de ce soir, ou de demain ?

André LEBOIS.

A CONSULTER
. - The World of Jean de Boschère (illustré), Londres, 1931 ; L'Année Poétique, n° spécial, mai 1934 ; Jean de Boschère l'Admirable par André Lebois, Luc Estang, Hélène Frémont, Charles-André Grouas (Intercontinentale du Livre, 1952).

lundi 26 mai 2008

Théo Varlet (1878-1936)


  • Aurore Lescure pilote d'astronef : roman / Théo Varlet.- Querqueville (Manche) : L'Amitié par le Livre, 1943.- 187 p. ; 19,5 cm.
    • L'édition originale de Aurore Lescure comprend de 1 à 60 : 60 exemplaires sur pur chiffon de Lana et de 61 à 420 : 360 exemplaires sur bouffant Edita. Exemplaire n°62.

NOTES PRÉLIMINAIRES DE L'ÉDITEUR


Décédé peu avant la guerre, Théo Varlet a laissé quelques manuscrits encore inédits. Nous sommes heureux d'offrir aux nombreux admirateurs du grand romancier français d'anticipation scientifique ce nouveau roman où ils retrouveront l'héroïne de La Grande Panne, ouvrage dont la réédition tirée par nous à 20.000 exemplaires vient de se trouver épuisée.

DE L'AUTEUR

Quelques critiques, ignorant l'état de la question astronau­tique, ont qualifié d' « utopiques impossibles » mes anticipations dans ce domaine.

Tout en réservant pour le romancier d'imagination le droit strict de sortir de la réalité, je tiens à faire observer que des esprits de premier ordre, des savants et des techniciens d'une parfaite compétence, comme M. Robert Esnaut-Pelterie, croient et affirment la possibilité et la réalisation prochaine des voyages interplanétaires :

« Ma conclusion est aujourd'hui que, si l'on pouvait réunir les fonds nécessaires, il est infiniment probable que le voyage de la lune et retour serait effectué avant dix ans. »

(B. Esnault-Pelterie, L'Astronautique, page 225 — Lahure, éditeur, 19, rue de Rennes. 1930).

Sans compter que, depuis la publication de ma Grande Panne (octobre 1930) qui a donné lieu aux critiques susdites, la vulgarisa­tion de la question astronautique a beaucoup progressé. Pas un journal, grand ou petit, pas une revue, qui n'aient publié un ou plusieurs articles sur ce sujet...

samedi 17 mai 2008

Léon Bonneff (1882-1914)


  • Aubervilliers : roman / Léon Bonneff ; avant-propos de Henry Poulaille.- [Rennes (Imprimeries Réunies)] : L'Amitié par le Livre, 1949.- 287 p. ; 18,5 cm.
    • Il a été tiré de "Aubervilliers" mille exemplaires sur papier "Artic" numérotés de 1 à 1000 constituant l'édition originale.

PRÉFACE

Léon Bonneff avait seize ans quand, pour aller à Paris, il quitta Belfort, où ses parents s'étaient fixés. Comme son frère Maurice, de deux années plus jeune que lui, Léon Bonneff avait tout juste le certificat, d'études primaires. Il entra chez un de ses cousins, éditeur. Là, tant bien que mal, la matérielle lui était assurée.

A Belfort, le métier de brodeur ne rendant guère, et le jeune Maurice, en mal de son aîné, parlant de le rejoindre, les parents décidèrent d'aller eux aussi dans la capitale. En avril 1900, la famille Bonneff s'installa dans le XIVe, rue de la Tombe Issoire, où le hasard voulut que Léon rencontrât un jour le vieux communard Lefrançais, ami de Lucien Descaves. Il y a de mauvais hasards. Il en est d'heureux. Ce fut la chance de Bonneff de trouver sur son chemin ce vieillard — il avait 70 ans — qui vivait un peu replié sur lui-même. Ils avaient sympathisé. Ils avaient parlé littérature. Léon rêvait d'écrire. Lefran­çais qui n'était pas compétent en ces matières, assu­rait-il, l'envoya chez l'auteur de Sous-Off et de La Colonne. Lucien Descaves a maintes fois raconté cette visite : Bonneff se croyait poète, et ses premiers essais étaient en vers. Il rimait comme on rime à cet âge, dit Descaves ; il célébrait le printemps et l'amour, et il les célébrait avec une candeur telle que je ne pus m'empêcher de lui dire : « Est-ce que vous tenez absolument à vous exprimer en vers ? et à n'exprimer que des vérités reconnues et des senti­ments douceâtres ? en ce cas, continuez. Si vous avez du génie, on le verra. Si vous êtes résolu, au contraire, à n'avoir que du talent, cherchez le modèle, étudiez-le. Au faubourg, où nous vivons tous les deux, il n'y a que l'embarras du choix. Regardez à vos pieds, comme disait le fabuliste. La vie ne tombe pas du ciel, mais elle sort des pavés ».

Léon Bonneff s'en alla un peu effaré, et peut-être, sur le moment, déçu. Des mois passèrent. Un jour, Descaves revit le jeune poète. Il avait abandonné la poésie pour la prose et s'était déjà lancé dans de grandes enquêtes auprès des syndicats. Il s'était attelé avec son frère à une étude approfondie des maladies professionnelles qui devait paraître en 1905 par les soins d'un des camarades de Léon Bonneff, M. Tessier, qui, travaillant à La Raison de Victor Charbon­nel, l'y avait connu comme secrétaire de rédaction. Peu de temps, mais assez pour que les deux jeunes gens se liassent d'amitié. M. Tessier, qui devait se faire éditeur théâtral plus tard, rêvait alors de col­lections d'études. Il ouvrit un jour boutique rue Ser­vandoni, à l'enseigne de la Bibliographie sociale. Le premier volume de la collection d'études ouvrières fut Les Métiers qui tuent.

Dans cet ouvrage, les deux frères Bonneff dénon­çaient les dangers et les risques qui pavaient, plus encore qu'aujourd'hui, la vie de chaque jour des peintres, des meuliers, fondeurs typographes, dégraisseurs, égoutiers, etc. Ce livre obtint un succès qu'é­diteur et auteurs n'osaient espérer. Depuis, bien des améliorations se sont produites dans la plupart des corps de métiers que les Bonneff étudiaient, sans que leurs bénéficiaires sachent à qui ils en sont redevables. Car, malheureusement, le prolétariat, qui fait le succès des histrions artistiques et littéraires par passivité, ignore les siens, ceux qui ne cherchent qu'à servir leur classe, les Bonneff au tout premier rang.

Avec Les Métiers qui tuent, ils avaient trouvé leur voie. A partir de ce moment, la classe ouvrière eut les deux plus consciencieux de ses porte-parole, ainsi qu'en peuvent témoigner les collaborations réguliè­res données à l'Humanité, la Guerre sociale, la Vie ouvrière de Monatte, la Bataille syndicaliste, etc.

En 1908, un nouveau livre était prêt que l'on envi­sageait de faire paraître chez Rouff, où Léon Bon­neff était secrétaire de rédaction de Mon Dimanche. Tessier n'avait pas voulu que par scrupule, ses amis manquassent leur chance. Rouff acceptait. Quand ils retournèrent cette fois, chez Descaves, les deux gail­lards ne venaient rien moins que lui demander une préface. Descaves qui n'est pas toujours (pas sou­vent !) de bon poil, et que cette demande de préface agaçait, répondit qu'il n'avait pas de goût pour cela. Mais ils étaient deux contre lui. Léon, très calme, insinuait timidement, Tandis que Maurice, plus bru­tal, insistait et paraissait chercher quelque chose à bousculer. Force fut à leur hôte de céder, de faire mine de céder, du moins, pour gagner du temps : « Je vais lire d'abord »

Il lut, et quand il reposa les épreuves sur la table, il était conquis. On n'aurait plus besoin de le sup­plier ! « Tout l'honneur était pour lui, assurait-il ensui­te. Le beau livre ! Comme il dépassait la littérature ! » « Je me trouvais un peu confus, moi, travailleur aux mains blanches, de servir d'introducteur à des mains, à des gueules noires. Les Bonneff nous faisaient par­courir des champs de bataille couverts de morts et de blessés ».

C'était La Vie tragique des travailleurs, ce chef-d'œuvre inégalé de l'enquête sociale, l'un des plus étonnants documents écrits sur la peine des hommes.

L'Humanité avait appelé Léon Bonneff chez elle. La Dépêche de Toulouse appela Maurice. L'un et l'autre devaient y poursuivre leur grande enquête pro­létarienne, outre leur collaboration de combat : Guerre sociale, Vie ouvrière, Homme du jour, Batail­le syndicaliste, etc...

Un nouvel ouvrage vit le jour, La Classe ouvrière, qui était la réunion d'une série de fortes brochures qui paraissaient à la Guerre sociale sous couverture de Delannoy ou de Galland. Chacune de ces mono­graphies (boulangers, postiers, pêcheurs bretons, ou­vriers terrassiers, compagnons du bâtiment, travail­leurs de restaurants, employés de magasins, etc.) est un modèle de précision et d'intelligence.

Les Bonneff avaient fait du théâtre. Ils publièrent vers 1906 un acte amusant : Le Cambrioleur malgré lui, et sous un pseudonyme un autre acte supérieur : Notre Pain quotidien mais qui reste d'un intérêt secondaire.

Maurice Bonneff avait écrit : Didier, homme du peuple, que publia La Grande Revue, en 1912, et que Pavot édita l'année d'après. Entre temps, les Bonneff signaient ensemble un autre recueil de notations sur la vie prolétarienne : Marchands de Folie, où défi­laient tour à tour les cabarets des Halles et des fau­bourgs, les cabarets d'exploitation, les estaminets des mineurs et ceux des ports, etc.

Léon aussi avait l'idée d'un roman. C'était Auber­villiers, que nous publions. Ainsi qu'en témoigne une lettre de novembre 1913 à une de ses amies, Mlle Slom, cette œuvre était déjà terminée à cette époque. Il se proposait de la revoir un peu plus tard et l'avait mise au repos bien ficelée, disait-il. La guerre survint, qui enleva les deux frères à leurs travaux, à leur classe. Ils avaient respectivement 30 et 32 ans quand ils moururent au nom de la culture et du droit lors de la « grande guerre », « couchés dessus le sol à la face de Dieu », comme chantait Péguy, victime lui-aussi du moloch Patrie.

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Aubervilliers, que nous présentons aujourd'hui, avait déjà été publié par la revue Floréal il y a plus de trente ans. « Peu importe, déclarait Descaves dans un article liminaire, que la guerre et ses suites aient plus ou moins modifié les conditions de travail dans l'endroit où Bonneff a porté l'ardeur investigatrice qui le dévorait. Il n'envisageait avant tout, et il faut n'envisager comme lui, que la peine des hommes, suivant le mot de Pierre Hamp, et les mêmes métiers déciment aujourd'hui les mêmes hommes qu'hier ».

Certes, depuis plus de trente-cinq ans — et quelles années ! — que l'œuvre fut écrite, des changements ont transformé, oh ! point si visiblement que cela, du moins de dehors, Aubervilliers — mais, même l'œuvre eût-elle vieilli dans ce sens, que, représenta­tive d'une vie périmée, elle garderait toute sa valeur, étant documentaire d'abord... Un document humain avant que d'être une œuvre artistique. C'est une fres­que vivante, un film dirons-nous plus justement, sur la partie la plus triste de la banlieue nord. Léon Bonneff a mené son enquête en syndicaliste plus qu'en journaliste et s'est préoccupé davantage des conditions où vivaient ses héros que de l'agencement de ses chapitres. On le constatera notamment au dé­but, le premier est quelque peu lâché. Ces pages ne sont pas d'un artiste. Il était un homme avant tout. Mais quelle acuité de vision ! Tour à tour, au cours du récit, il nous mène chez l'équarrisseur, aux usines d'engrais, aux boyauderies, aux usines de superphosphates, à celles d'artifices, aux parfumeries, aux abat­toirs... Historien, il n'a garde d'omettre ni les maraî­chers, ni les petits métiers, ni les petits faits de la vie de tous les jours dans la ville grise. La rue et ses maisons casernes, les bistrots, les bals, les commer­çants, et cela nous vaut d'étonnants tableaux d'atmos­phère comme ces scènes de dimanches que la version de Floréal ne donnait pas (je cite celles-là entre autres). Rien n'est oublié dans cette monographie. Voici les disputes, les gosses malades qu'on emmène à l'hôpital Claude-Bernard, près des fortifs, la garderie d'enfants de l'assistance publique, où le « Roussi » va conduire sa nichée, en attendant que revienne sa femme qui va avoir son huitième gosse. Voici Nan­terre, où sont les vieux. C'est toute la vie de la banlieue industrielle et la plus terrible image de la vie prolétarienne des villes est peut-être celle qui sa dégage de ce livre puissant, sans amertume et plein de santé.

Publié sur le manuscrit original, que voulut bien nous communiquer M. Tessier, Aubervilliers est donc offert intégralement, avec la chapitration décidée par son auteur et sans coupures, comme cela avait été le cas lors de sa première publication. C'est donc, en fait, une œuvre inédite que nos lecteurs vont lire, et j'insiste pour ceux et celles qui auraient pu la suivre déjà autrefois dans le supplément de Floréal. Parmi les pages qui n'y figuraient point certaines sont de la meilleure veine de Léon Bonneff et avaient pourtant dans le récit une signification.

En tout cas, nous n'avons pas cru devoir être plus juge de leur valeur que l'auteur, et dans notre res­pect de son travail, nous pensons avoir agi au mieux de la mémoire de notre aîné en donnant l'œuvre complète.

Henry POULAILLE.

mardi 18 mars 2008

Théo Varlet (1878-1936)


  • La Grande panne / Théo Varlet.- [Querqueville (Manche)] : Publications de l'Amitié par le Livre, 1936.- 311 p. ; 19 cm.


AVANT-PROPOS

Ce présent roman, la Grande Panne, a paru pour la première fois aux Éditions des Portiques, en octobre, 1930.

Or, en, octobre 1931, donc un an après, parut dans un magazine américain, Wonder Stories (Histoires merveilleuses), une nouvelle signée Rowley Hilliard : Death from the Stars (la mort venue des étoiles), dont l'idée initiale ressemble singulièrement à celle de La Grande Panne. Deux savants, Julius Humboldt et George Dixon, découvrent une poussière mystérieuse dans un météore. Cette poussière mystérieuse est une forme de vie élémentaire. Elle se développe aux dépens de la vie terrestre. Les végétaux sont brûlés, leurs feuilles deviennent noirâtres. Les humains sentent d'abord des démangeaisons, puis des brûlures. Dixon meurt dans des souffrances atroces. Humboldt comprend le danger ; mais il est lui-même atteint, tellement atteint qu'il peut à peine remuer. Il trouve cependant la force d'arroser de pétrole le cadavre de Dixon, son lit, le cottage et le jardin, et toute la zone contaminée ; puis il s'enferme à double tour et met le feu. On attribue son suicide à la folie.

Cette nouvelle eut beaucoup de succès. Les lecteurs réclamèrent une suite. M. Hilliard leur donna satisfaction, et la deuxième parut quelques mois plus tard dans le même magazine.

Au reste, s'ils sont bien évidemment inspirés de mon roman, ces deux récits sont d'une rudesse toute yankee, et tous deux tournent au macabre.

Dans l'état actuel de la législation américaine, je n'aurais pas grand'chance d'obtenir une compensation pécuniaire pour cet acte de « piraterie ». Mais, tout comme le maître J. H. Rosny aîné l'a fait pour son roman la Force Mystérieuse, j'ai cru devoir établir ici ma priorité par ce rappel des faits, en tête de cette nouvelle édition de la Grande Panne.

Et je remercie mon bon confrère ès-anticipations Régis Messac, romancier, traducteur et historien de la littérature d'imagination scientifique, qui a eu l'amabilité de me signaler ce plagiat.

THEO VARLET.

P. S. — Un roman intitulé Les Naufragés d'Eros et formant « suite » à La Grande Panne paraîtra prochainement chez un éditeur qui reste encore à trouver.


mardi 11 mars 2008

Germaine Beaumont (1890-1983)


  • Les Clefs / Germaine Beaumont.- [Liège] : L'Amitié par le livre, 1948.- 231 p.-1 f. de pl. en coul. en front. ; 19 cm.
    • Ce volume, le premier de la huitème série des ouvrages édités pour le compte des membres de L'Amitié par le livre, a été achevé d'imprimer le 15-7-1948 sur les presses de l'imprimerie Soledi, à Liège. Tous les exemplaires sont numérotés. Exemplaire n°1177.

mercredi 6 février 2008

Jules Vallès (1832-1885)


  • Le Bachelier / Jules Vallès.- [Liège] : L'Amitié par le livre, 1948.- 349 p.-1 f. de pl. en coul. en front. ; 19 cm.
    • Ce volume, le quatrième de la huitème série des ouvrages édités pour le compte des membres de L'Amitié par le livre, a été achevé d'imprimer le 25-8-48 sur les presses de l'imprimerie Soledi, à Liège. Tous les exemplaires sont numérotés. Exemplaire n°2390.

dimanche 16 décembre 2007

Paul Arène (1843-1896)


  • La Gueuse parfumé / Paul Arène.- [s.l.] : L'Amitié par le Livre, 1948.- 348 p. : ill. en front. ; 19,5 cm.
    • Ce volume, le troisième de la septième série des ouvrages édités pour le compte des membres de L'Amitié pour le livre a été achevé d'imprimer le 31 mars 1948 [Imprimerie L. F. de Vos & Cie, Anvers]. Tous les exemplaires ont été numérotés. Exemplaire n°2408.

mercredi 12 décembre 2007

Oscar Wilde (1854-1900)


  • Une Maison de Grenades / Oscar Wilde ; trad. de l'anglais par Howard Lee .- [Liège] : L'Amitié par le Livre, 1948.- 234 p. : ill. en front., couv. ill. en coul. ; 19 cm.
    • Ce volume, le neuvième de la cinquième série des ouvrages réservés aux seuls membres de l'Amitié par le Livre, a été achevé d'imprimer le premier février mil neuf cent quarante-huit, sur les presses de l'imprimerie Solédi, à Liège. Tous les exemplaires sont numérotés. Exemplaire n°9.

mercredi 19 septembre 2007

Honoré de Balzac (1799-1850)


    • Ce volume, exclusivement réservé aux membres de l'Amitié par le livre et non misdans le commerce, a été achevé d'imprimer sur vélin blanc, le huit décembre mil neufcent quarante-sept, par les soins du maître imprimeur N.-E. Piérard à Gilly. Exemplaire n°991.

lundi 3 septembre 2007

Fédor Dostoïevsky (1821-1881)


  • Carnet d'un inconnu / Fedor Dostoïevski.- [Liège] : L'Amitié par le Livre, 1947.- 296 p. : ill. en front., couv. ill. en coul. ; 19 cm.
    • Ce volume, le deuxième de la quatrième série des ouvrages réservés aux seuls membres de l'Amitié par le Livre, a été achevé d'imprimer, sur les presses de l'imprimerie Solédi, à Liège. Tous les exemplaires sont numérotés. Exemplaire n°2780.